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Profil de petite entreprise : The Rumie Initiative

Le fondateur Tariq Fancy discute des leçons de vie apprises.

« Chacun de nous est destiné à un travail précis, et le désir pour ce travail se trouve dans chaque cœur. » C'est ce qu'a dit le théologien et poète du 13e siècle Jalal al‑Din Mohammad Rumi, en l’honneur duquel Fancy a appelé son organisme sans but lucratif The Rumie Initiative (Fancy a ajouté le « e » pour faire référence à l’éducation).

Dans le cas de Fancy, pour le travail précis qui lui était destiné, soit l’éducation gratuite et accessible pour des collectivités mal desservies à l’échelle mondiale, il s’est inspiré d’un ami qui a entrepris le travail de sa propre vie juste avant de mourir.

« J’ai toujours accordé une très grande importance à l’éducation, et c'est grâce à mon ami et à l'exemple qu’il m'a donné que j’ai créé Rumie, » indique Fancy au sujet de son compagnon de classe néerlandais, Michiel Lowenberg. « Nous avons toujours dit que nous ferions quelque chose de bien un jour, mais il est facile d’être absorbé par d’autres priorités dans la vie. Lorsque mon ami a reçu un diagnostic de cancer en phase 4, l'expression « un jour » ne voulait plus rien dire. »

C'est pourquoi en 2013, l’année même du décès de Michiel Lowenberg, Fancy a laissé une carrière lucrative d'associé dans une firme de placement de Wall Street pour mettre en œuvre son idée (sans salaire et avec de bonnes économies personnelles) visant à fournir, à faible coût, des tablettes contenant déjà du contenu éducatif personnalisé. Mais il a vite réalisé que s’il n'avait pas de salaire, il serait à court de liquidités au point qu’il ne pourrait plus verser d’argent à l'entreprise. Il a alors fait appel à des bailleurs de fonds de haut niveau et, dans un juste retour des choses, Rumie est née.

Quelle a été l’ampleur de la courbe d’apprentissage?

J’ai commencé ma carrière en finances et en affaires à Silicon Valley il y a environ 14 ans. J’ai travaillé et investi pour que l'Afrique et des marchés émergents aient des téléphones mobiles de base. Dans des endroits où les lignes filaires n'existaient pas, il était devenu abordable et assez pratique de passer directement aux téléphones mobiles, qui étaient plus économiques, de meilleure qualité et plus rapides. J'ai abordé Rumie de la même manière. C’était une autre occasion de prendre une longueur d’avance, en éducation cette fois.

Comment décidez‑vous du contenu?

Vous pouvez trouver beaucoup de matériel intéressant gratuit en ligne. Nous travaillons toujours avec un partenaire local qui fait le gros du travail pour le contenu. Notre point de vue a toujours été d’écouter. C'est comme cela que nous avons appris que ce que veulent les collectivités ne correspond peut‑être pas à ce que nous supposons. Nous avons découvert que dans la plupart des cas, les personnes recherchent des compétences professionnelles plus pratiques qui apporteront une valeur économique à leurs familles.

Quel logiciel utilisez‑vous?

C'est un portail qui s’appelle LearnCloud. Il y a d'autres composantes logicielles qui fonctionnent sur une tablette ou un téléphone intelligent, mais l’élément fondamental est la plateforme LearnCloud, où les gens trouvent du contenu d’apprentissage gratuit auquel ils peuvent contribuer et qu’ils peuvent partager. Le logiciel permet d'avoir accès à du contenu hors ligne sur un téléphone intelligent ou un appareil précis de Rumie.

Comment avez‑vous conçu cette plateforme?

L’an dernier, nous avons remporté le Google.org Impact Challenge. En plus de nous octroyer une bourse, on nous a aidés avec la technologie. Nous avons conçu la plateforme selon le système d'exploitation Android de Google, un système libre et largement utilisé dans le monde.

Quelles applications et quels logiciels utilisez‑vous pour exploiter votre entreprise?

Nous avons tendance à nous servir des applications Google pour le courriel, les calendriers, le partage des documents, etc. Nous utilisons aussi Slack pour les communications.

Où voyez‑vous Rumie dans cinq ans?

Je pense que l’organisation connaîtra une croissance exponentielle puisque nous travaillons avec des fournisseurs de télécommunications des pays cibles pour installer le logiciel sur leur nombre croissant de téléphones intelligents.

Au départ, vous vouliez offrir de l’éducation à un milliard d'enfants. Où en êtes‑vous maintenant?

Dans les centaines de milliers. Nous voulons travailler avec les fournisseurs de télécommunications pour que le logiciel fonctionne sur tous les appareils. C'est la clé de la croissance. Nous avons une version par application que tout le monde peut utiliser partout.

Qu’auriez‑vous aimé savoir que vous avez maintenant appris?

Probablement l’importance de l'exécution. Avec le grand nombre d'innovations et de programmes sociaux, les gens passent du mode affaires au mode social, et ils laissent derrière eux leurs principes d'affaires. Nous voulons être les plus efficaces possible, nous voulons dépasser les nouvelles entreprises technologiques à but lucratif parce que notre mission compte plus.

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